Paris-SG-Saint-Etienne : soirs de premières

Dimanche soir, le Paris-SG reçoit l’AS Saint-Etienne au Parc des Princes pour le compte de la 29e journée de championnat de Ligue 1. En 1977, Jean-Michel Larqué, en conflit avec Robert Herbin, son entraîneur à l’AS Saint-Etienne, quitte les Verts pour embrasser la carrière d’entraîneur au PSG. Un an plus tard, Laurent Paganelli, jeune prodige du football français, fait ses premiers pas en Division 1 au Parc des Princes. Il est âgé de… 15 ans et 309 jours. Un record. Enfin, en 2006, Ilan illumine le stade de la Porte de Saint-Cloud d’un but venu d’ailleurs. Bonne lecture.

 

Larqué : un Vert à Paris

15 003. C’est le nombre de spectateurs qui ont vu pour la dernière fois Jean-Michel Larqué disputer un match de Division 1 avec l’AS Saint-Etienne. Ce 28 avril 1977, l’ASSE vient de faire match nul avec le Stade de Reims (0-0) à domicile. Personne n’imagine alors qu’on ne reverra plus l’emblématique capitaine des Verts avec l’équipe professionnelle stéphanoise. Ni lui-même qui annonce dans L’Equipe du 2 mai 1977 avant un futur déplacement à Nice que l’ASSE va jouer « un match à quatre points ». Pourtant, le mardi 3 mai L’Equipe titre :

Larqué herbin c la guerre

Convoqué dans le bureau de Robert Herbin le jeudi matin à son arrivée à l’entraînement, le milieu de terrain stéphanois apprend de la bouche de son entraîneur qu’il ne fera pas partie du déplacement sur la Côte d’Azur. Depuis le match retour à Liverpool, l’entraîneur des Verts lui reproche des performances décevantes, notamment sur le plan défensif. Larqué s’en défend en expliquant qu’il n’a jamais été un demi défensif, contrairement à Bathenay et Synaeghel, plus habitués à ce type de poste.

Jean-Michel Larqué capitaine des Verts.
Jean-Michel Larqué, le capitaine des Verts, est en conflit avec son entraîneur Robert Herbin.

Premières frictions entre Larqué et Herbin

Durant cette saison 77, le climat au sein de la maison verte n’est pas des plus sereins. L’élimination en quarts de finale de la Coupe des Clubs Champions laisse apparaître des dissensions. Robert Herbin a souvent cherché la bonne formule tactique… en vain.
L’éviction du Palois n’est pas la première de la saison : après une lourde défaite à Sochaux (4-0) le 5 février, le « Sphinx » avait déjà écarté son capitaine. Raison invoquée : le joueur devait souffler après les efforts fournis pour revenir à son meilleur niveau après son opération du genou droit. Il ne fera son retour dans le onze de départ que lors d’un déplacement à Rennes le 26 février, soit cinq jours avant la réception de Liverpool en quarts de finale aller de la Coupe des Clubs Champions. Ce soir-là, Herbin lui confie le rôle d’avant-centre. Pas vraiment habituel pour lui.

Larqué contre Liverpool

 

Dans son édition du 8 mars, L’Equipe annonce que la paix est signée entre Herbin et son joueur.

paix signée

Après la victoire contre le Paris-SG (1-0) trois jours auparavant, les deux hommes se sont expliqués. Le 16 mars, les Verts se déplacent à Liverpool pour défendre le petit but d’avance inscrit par Dominique Bathenay quinze jours plus tôt en quarts de finale de la Coupe des Clubs Champions. Les Verts, dans une ambiance des grands soirs, sont éliminés par Keegan et sa bande 3-1.  Jean-Michel Larqué, capitaine de l’ASSE depuis le départ de Georges Bereta pour l’OM en 1975,  dit définitivement adieu à la Coupe d’Europe.

Vidéo de Liverpool-Saint-Etienne dans une ambiance incroyable.

Contre Liverpool, à Anfield, Jean-Michel Larqué (avec Merchadier) joue son dernier match européen avec Saint-Etienne. Ici, il dispute un ballon de la tête à John Toshack.
Contre Liverpool, à Anfield, Jean-Michel Larqué joue son dernier match européen avec Saint-Etienne. Ici, il dispute un ballon de la tête à John Toshack.

Revenons à ce mois de mai 77. Larqué accuse le coup. C’en est trop : c’est officiel : malgré une dernière année de contrat à honorer, il souhaite terminer la saison et partir. Des rumeurs l’envoient à Bordeaux, ce qui le rapprocherait géographiquement de son Pays Basque natal.
Après les affaires Bosquier-Carnus, Keita et Bereta, Larqué devient à son tour le personnage central d’une « affaire » à la stéphanoise. Pour ce dernier, si l’on parle beaucoup de la politique des jeunes de l’ASSE, on évoque beaucoup moins de celle des « Vieux ». Il prend comme référence le Real Madrid qui sait préparer le « troisième âge » de ses joueurs, ce qui en fait un grand club.

 

Un capitaine en réserve

En attendant, celui qui a obtenu son diplôme d’entraîneur l’été précédent à Vichy, va donc aider les jeunes du centre de formation à obtenir le titre de champion de France de Division 3.
Herbin a remplacé dans le groupe Larqué par Larios mais cela ne change pourtant rien aux performances de son club le week-end suivant puisqu’il s’incline à Nice 2-0. Roger Rocher, en vacances dans sa maison sur la Côte d’Azur, s’est entretenu avec Larqué par téléphone. Pourtant, le soir du match à Nice, il déclare à L’Equipe : « On ne va pas faire de comparaison avec le Real Madrid. Le Real a peut-être payé son sentimentalisme. La réussite de Saint-Etienne est basée sur une qualité d’ambiance, de rapports personnels, et j’y tiens, mais aussi une exigence dans les performances. Sinon l’épopée des Verts en Coupe d’Europe n’aurait jamais existé ! »

Le 6 mai, dans L’Equipe, Larqué dévoile quelques bribes de son entretien avec le président Rocher :

A ROCHER de décider

Larqué, joue donc en équipe réserve. Après une victoire contre Troyes et une autre contre Viry-Châtillon où il a pu constater sa cote de popularité, Herbin n’a nullement l’intention de le réintégrer dans le groupe professionnel. Les déclarations virulentes du milieu de terrain à l’encontre de son entraîneur par médias interposés ne sont pas faites pour apaiser le climat.
Saint-Etienne dispute un quart de finale aller de Coupe de France à Sochaux (1-1), L’Equipe du 13 mai sous forme d’encadré titre :

Larqué c'est presque fini

Le 17 mai, il assiste en tribune de presse à la victoire des Verts contre Sochaux (3-1) qui les qualifie pour les demi-finales et surtout au centième match des Verts sans connaître la moindre défaite à Geoffroy-Guichard.

 

Premiers contacts avec Paris

Le 26 mai, L’Equipe fait état de contacts entre Larqué et le Paris-SG qui vient d’achever le championnat à la 9e place de Division 1. Daniel Hechter, son président, est à la recherche d’un entraîneur en remplacement de Vasovic. Il dresse une short-list parmi lesquels figurent en bonne place Lucien Leduc, l’entraîneur de Monaco et … Jean-Michel Larqué, en disgrâce avec l’ASSE. Si l’entraîneur de Monaco était choisi, cela permettrait à Larqué de poursuivre sa carrière de joueur encore un ou deux ans avant d’endosser celle d’entraîneur.
La question est de savoir si Larqué endossera la casquette d’entraîneur ou s’il continuera de jouer tout en entraînant l’équipe. Dans sa tête, Larqué est prêt à jouer encore trois ans.

 

Contrat de 3 ans au Paris Saint-Germain

Dans son édition du 3 juin 77, L’Equipe annonce que Larqué va s’engager pour 3 ans avec le Paris Saint-Germain.
Il vient de passer deux jours dans la capitale pour discuter des modalités de son contrat. Avant de reprendre l’avion pour Saint-Etienne, en tant qu’amateur de tennis, il s’est octroyé un petit détour par la Porte d’Auteuil et Roland-Garros, où il a assisté au match Ramirez-Panatta. Un endroit qui devrait lui être bientôt familier.
De retour à Saint-Etienne, il reprend le chemin de l’entraînement sous les ordres de Robert Philippe, le coach de l’équipe réserve. Professionnel jusqu’au bout, il souhaite décrocher avec ses camarades le titre de champion de France de troisième division. Un petit but et une victoire contre Poissy (5-0) et l’objectif est atteint. Les Verts disputeront la finale contre Nantes.

En championnat, Jean-Michel Larqué joue son dernier match contre Poissy.
En championnat, Jean-Michel Larqué joue son dernier match contre Poissy.

Pendant ce temps, les professionnels stéphanois s’imposent deux fois contre Nantes en demi-finales de la Coupe de France et se qualifie pour une septième finale à Paris.

 

Le dernier titre d’un capitaine

Tandis que ses ex-partenaires s’apprêtent à rejoindre Paris pour y disputer la finale le 18 juin, Larqué, lui, se prépare à disputer son dernier match sous le maillot vert… à Nantes. Il veut partir sur une bonne note et même si un titre de champion de Division 3 n’a pas la même saveur qu’une finale de Coupe de France, le professionnel obéit à ses obligations jusqu’à leur terme. Après une double confrontation (3-2 pour les Verts  à l’aller grâce à trois buts de Sarramagna), les Verts s’imposent au stade Marcel-Saupin 3-1. Mission accomplie pour le numéro 10 des Verts. Il met un terme à son chapitre stéphanois avec un nouveau trophée.

Les Verts champions de France de Division 3

Finale retour au stade Marcel-Saupin : 3 541 spectateurs.
Buts.- Nantes : Bassi (24e) ; Saint-Etienne : Schaer (25e), Boury (56e et 89e).
Nantes : Desrousseaux – Madani, Benion, Fenillat, Bidard – Vendrely, Steck, Bassi – Lacombe, Triantafilos, Gadocha. Entr.: Zaetta.
Saint-Etienne : Dugalic – Borel, Modeste, Lacuesta, Deschamps – Vesir, Larqué, Larios – Derigon (Fournier, 71e), Schaer, Boury. Entr.: Philippe.

 

Nommé entraîneur à 29 ans et 10 mois

Le 18 juin, les hommes de Robert Herbin disputent la finale de la Coupe de France contre Reims au… Parc des Princes. La dernière occasion pour eux d’accrocher l’Europe via la Coupe des Coupes. Les deux clubs comptabilisent 15 titres de champion de France et 7 Coupes. Un stade que Jean-Michel Larqué aura l’occasion de côtoyer régulièrement puisqu’il a été choisi par Hechter pour diriger  le Paris-SG. Il lui donne également les pleins pouvoirs, y compris dans le recrutement. Hechter prend un risque en confiant les rênes du club à un entraîneur qui n’a encore jamais entraîné. Certes, il est sorti major de sa promotion d’entraîneur en juillet 1976 mais a tout à prouver dans cette fonction. Aimé Jacquet avait 35 ans et 6 mois quand il a pris en main la section professionnelle de l’OL en 1976, et Robert Herbin, 33 ans et 4 mois en 1972 quand il a succédé à Albert Batteux. Ce dernier a remporté la Coupe de France avec Reims en 1950 en tant que joueur avant de succéder le soir même à Roessler, son entraîneur. Batteux avait alors 31 ans. Alors Larqué entraîneur à 29 ans et 10 mois pourquoi pas !

 

Privé de finale de Coupe de France

Il souhaite engager des vedettes pour faire vibrer le Parc. Ironie du sort, c’est contre Reims qu’il a disputé son dernier match en pro en championnat avec les Verts. Quel plus bel hommage pour lui avant d’embrasser une carrière d’entraîneur que de jouer et gagner la finale de la Coupe de France contre… Reims. Robert Herbin ne lui laisse pas cette chance. Il regarde les Verts s’imposer devant les Rémois des tribunes. La page est définitivement tournée.
Le 21 juin 1977, alors qu’il n’a toujours pas signé son contrat avec le Paris-SG, il prend place pour la première fois sur le banc de son nouveau club à l’occasion du Tournoi de Paris. A bientôt 30 ans, une nouvelle carrière débute pour celui qui avait redonné espoir à Saint-Etienne et à la France du football un soir de… 17 mars 1976 en inscrivant un magnifique coup-franc contre le Dinamo Kiev. Il part de Saint-Etienne en laissant de beaux souvenirs.
Le vendredi 15 juillet 1977, il dirige son premier entraînement avec le Paris-SG. A l’instar de ce qui a été instauré au Bayern Munich, le nouvel entraîneur parisien estime que la préparation de ses nouveaux joueurs est insuffisante et leur impose trois entraînements quotidiens. Comme s’il voulait imposer d’emblée son « image de marque ».

PSG
Jean-Michel Larqué quitte l’AS Saint-Etienne pour le Paris-SG où il endosser la casquette d’entraîneur.

Malgré cette cadence, le début de saison du PSG version Larqué n’est pas à la hauteur des espérances. L’absence d’un organisateur au milieu du terrain se fait cruellement sentir, le petit Lyonnais Serge Chiesa a refusé de rejoindre la capitale. Larqué décide donc de rechausser les crampons et endosse du coup la casquette de joueur-entraîneur. A 30 ans, il peut rendre encore bien des services sur le terrain.
Un autre problème se pose pour le PSG : la Fédération Française de Football (FFF) lui demande de trouver un entraîneur-instructeur conformément aux règlements, Larqué ne possède pas ce diplôme et doit par conséquent trouver un prête-nom. Pierre Alonso occupe cette fonction.
En janvier 1978, suite à une affaire de double billetterie, le couturier parisien quitte la présidence du club parisien. Il est remplacé par Francis Borelli. Le PSG termine le championnat à la onzième place.

 

Bathenay : un deuxième Vert au PSG

En août 1978, Dominique Bathenay, son ex-partenaire à Saint-Etienne, le rejoint dans la capitale après la Coupe du monde en Argentine. Fin août, Jean-Michel Larqué décide de quitter son poste d’entraîneur pour se consacrer uniquement à celui de joueur. Comme un certain… Robert Herbin avant lui, qui avait rechaussé les crampons un 3 juin 1975 contre Troyes (5-1, avec un but de Herbin sur penalty) alors qu’il avait abandonné son statut de joueur à la fin de la saison 1972.

Un an après Jean-Michel Larqué, Dominique Bathenay rejoint le PSG à son tour.
Un an après Jean-Michel Larqué, Dominique Bathenay rejoint à son tour le PSG.

L’entraîneur rechausse les crampons

Le début de championnat du PSG n’est pas bon : le club parisien compte trois défaites après cinq journées. Le 22 août, Larqué officie une dernière fois à Nice (3-1) avant de laisser la place sur le banc à Pierre Alonso. Il n’est pas heureux dans cette fonction et le fait savoir à son président Francis Borelli. Douze mois après avoir endossé l’habit d’entraîneur, il redevient simple joueur avec pour entraîneur celui qui était son adjoint. Une première.

debout de gauche à a droite : bernard (daniel) / redon (philippe) / renault (eric) / pilorget (jean marc) / adams (jean pierre)  assis de g a d : brisson (francois) / justier (lionel) / larque (jean michel) / bianchi (carlos) / m pele (francois) / dalheb (mustapha)
Le PSG version 77 :  Debout : de g. à d. : Bernard, Redon, Renault, Pilorget, Adams.
Accroupis de g. a d. : Brisson, Justier, Larqué, Bianchi, Mpelé, Dalheb.

Le 25 août, le Paris-SG accueille Saint-Etienne. L’Equipe du jour titre :

Bathenay larqué le défi

Pour sa grande rentrée, le désormais ex-entraîneur Larqué joue cinquante-cinq minutes et s’il ne possède pas encore le rythme pour tenir un match entier, il impose sa patte sur le match. Les spectateurs n’ont pas les yeux fixés sur l’ancien capitaine des Verts. Mais sur un jeune Stéphanois qui fait ses grands débuts en professionnel (voir par ailleurs). Les deux équipes se quittent sur un score nul d’un but partout.

Jean-Michel Larqué à l'entraînement (avec Carlos Bianchi à sa droite)
Jean-Michel Larqué à l’entraînement (avec Carlos Bianchi à sa droite)

Au terme de la saison, le PSG perd deux nouvelles places et termine à une très décevante 13e place.
Larqué décide alors de mettre un terme à sa carrière professionnelle le 2 juillet 1979 alors qu’il est encore sous contrat avec le club parisien.
Il reste au club en tant que manager général avant de le quitter définitivement au début de l’automne 1980 pour embrasser une carrière de commentateur sportif sur Antenne 2 au côté de Thierry Roland.
Clin d’oeil de l’histoire : le 5 mars 1980, Saint-Etienne reçoit Mönchengladbach à Geoffroy-Guichard en Coupe de l’UEFA.Ce soir-là, dans le Forez, Thierry Roland est au micro assisté d’un débutant dénommé Jean-Michel Larqué.

 

 

Paganelli : de Montaigu au Parc des Princes

Depuis 1973, la ville de Montaigu organise un « mini Championnat d’Europe » qui rassemble des footballeurs en herbe âgés de 13 à 14 ans issus de clubs professionnels ou non des quatre coins de l’Europe. C’est grâce notamment à ce tournoi que la FFF a décidé de créer une sélection nationale catégories minimes.
Ce week-end de Pâques d’avril 1977, un jeune minime d’Avignon attire particulièrement l’attention. Le garçon s’appelle Laurent Paganelli et possède un talent indéniable. Avec la sélection des minimes, il remporte le tournoi avec brio.

 

Un but pour une Coupe

Le samedi 18 juin 1977, Saint-Etienne et Reims jouent la finale de la Coupe de France au Parc des Princes. A 18 heures, le lever de rideau met aux prises les minimes de Méditerranée à ceux d’Alsace. Dans les rangs sudistes, Ceccarelli garde les buts mais c’est encore Paganelli qui éclabousse la finale de toute sa classe. Après un passage en revue de la défense alsacienne, il inscrit le seul but de cette finale (60e). Quelques heures plus tard, les Verts s’imposent devant Reims 2-1 et s’adjugent leur sixième Coupe de France.

Dans son édition du 20 juin, L’Equipe titre :

PAGA A LA 60e

Le samedi 8 octobre, au Parc des Princes, en lever de rideau du match amical France-URSS, l’équipe de France Cadets (garçons ayant moins de seize ans dans l’année en cours) rencontre son homologue du Pays de Galles. Georges Boulogne, son responsable depuis deux ans, convoque deux Laurent : Roussey et… Paganelli, le benjamin de la troupe. La rencontre se dispute sous l’oeil attentif de Pierre Garonnaire, le recruteur des Verts. Une nouvelle fois, le jeune Paganelli étonne les spectateurs.

 

Le petit Mozart du Parc

La France partage les points avec les Gallois (1-1) mais une nouvelle fois, il se transforme en chef d’orchestre de l’équipe française. Il égalise à la 62e minute pour les jeunes Bleus. Paganelli, ce soir-là, est le seul joueur qui ne soit pas licencié dans un club professionnel. Issu d’une famille très impliquée dans le rugby, l’Avignonnais, alors âgé de 8 ans, se casse un bras un jour à l’école de rugby de la ville. S’il met un temps de côté la pratique de ce sport, en revanche, il peut s’adonner au football avec les copains à l’école. Finalement, il opte définitivement pour le ballon rond.
Joueur de la Maison des Jeunes et de Culture d’Avignon (MJC), il fait preuve d’une grande maturité puisqu’il entraîne la section pupilles du club. Plus pour très longtemps puisqu’il vient de signer un contrat de non-sollicitation avec l’AS Saint-Etienne. Il rejoindra dans le Forez, des joueurs comme Lestage ou Roussey avec qui il joue déjà en sélection. Pierre Garonnaire a convaincu le père du jeune prodige, cheminot de métier, et M. Blum, son éducateur à la MJC, de rejoindre Saint-Etienne, qui n’est qu’à deux heures d’Avignon. Il devance des clubs comme le PSG ou Nice également intéressés par le jeune Avignonnais.

Laurent Paganelli et Laurent Roussey
Laurent Paganelli et Laurent Roussey, deux jeunes talent à l’AS Saint-Etienne.

 

Quand Platini donne la leçon

Le 8 février 1978, les cadets nationaux se déplacent avec l’équipe de France A à Naples en Italie, en amical. Si la bande à Platini obtient un match nul (2-2), les Cadets s’imposent quant à eux 2-1. Paganelli inscrit le but victorieux à quatre minutes de la fin… sur coup franc. Le lendemain, sur le stade de Fuorigrotta, le maître en la matière, Michel Platini, alors joueur de l’AS Nancy-Lorraine, fait une démonstration à deux de ses « élèves » : Roussey et Paganelli.
En mai, Les Verts de Robert Herbin terminent le championnat à une peu habituelle 7e place.

 

L’ASSE rajeunit ses cadres

Pour la première fois depuis quatre ans, les Verts ne participent pas à une coupe d’Europe.
L’entraîneur stéphanois laisse partir quelques joueurs qui ont contribué aux succès du club : Bathenay rejoint Larqué au Paris-SG, Synaeghel part à Metz, Patrick Revelli file à Sochaux et son frère Hervé rejoint la Suisse et Le Chenois dans un rôle d’entraîneur-joueur. Enfin, Merchadier signe à Nancy. Une page se tourne. Au rayon des arrivées, Larios revient de Bastia fort de son expérience européenne avec le club corse, Lacombe quitte le voisin lyonnais et Elie arrive de Lens.

Rocher entouré de Larqué (à gauche) et Hervé Revelli (à droite). Les deux hommes
Roger Rocher entouré de Larqué (à gauche) et Hervé Revelli (à droite). Les deux hommes ont quitté le club. Les Verts tournent une page.

Premier entraînement pour Paga avec le groupe pro

Le 28 juin, c’est la rentrée des classes. Robert Herbin dirige l’entraînement. Dans son groupe, il incorpore le jeune Paganelli. Au cours d’un match d’entraînement, avec toute l’insouciance de ses 15 ans, il impressionne l’entraîneur stéphanois. Jamais un joueur aussi jeune n’avait fait naître autant d’espoirs. Mais, fidèle à ses habitudes, Roby observe.

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Paganelli fait ses premiers pas avec l’équipe réserve des Verts.

Les voyages forment la jeunesse et les Verts

Le 21 juillet, les jeunes du centre de formation s’envolent pour l’Île de la Réunion. En novembre 1977, Roger Rocher, en voyage d’affaires sur l’île de l’océan indien, avait promis au président de la Ligue de football de la Réunion d’envoyer son équipe réserve. Les Wolff, Roussey, Lestage, Rampillon, Garande, Colleu, Zanon ou encore Oleksiak sont du déplacement. Bien sûr, Guy Briet, l’entraîneur a également convié Paganelli à ce voyage. Deux victoires et un nul ponctuent cette expédition.

Laurent Paganelli et son coach de l'équipe réserve, Guy Briet.
Laurent Paganelli et son coach de l’équipe réserve, Guy Briet.

Test probant contre le FAR du Maroc

Le 15 août, Herbin programme une rencontre amicale contre l’équipe des Forces Armées Royales du Maroc pour compenser la mini-trêve imposée par le match international amical : France-Anderlecht. Dans l’optique du prochain derby contre le voisin lyonnais entraîné par Aimé Jacquet le vendredi qui suit, il veut voir à l’oeuvre les remplaçants ainsi que deux joueurs qui brillent avec l’équipe réserve : Laurent Paganelli (15 ans) et Patrice Garande (17 ans).

 

Soirée des premières au Parc

Le 25 août, les Verts se déplacent à Paris pour y affronter le Paris-SG d’un certain Jean-Michel Larqué qui a revêtu son habit de joueur à cette occasion. Robert Herbin convoque Laurent Paganelli pour ce grand rendez-vous. Le Parc des Princes, il connaît déjà pour y avoir évolué déjà trois fois, mais c’était avec les cadets nationaux. 47 000 spectateurs garnissent le stade de la Porte de Saint-Cloud. Au coup d’envoi, il est remplaçant. Mais l’attraction de ce match est la grande rentrée de Larqué, l’ex-capitaine des Verts, en tant que joueur du PSG. Dans la semaine, il a délaissé son habit d’entraîneur pour rechausser les crampons. Il n’a rien perdu de ses qualités techniques. Son coéquipier Carlos Bianchi apprécie l’apport de son désormais ex-entraîneur.

 

15 ans et 309 jours

L’autre fait marquant de ce match se situe à la 46e minute : A la Paganelli, le « bizuth » de cette soirée, fait sa première apparition en Division 1. A 15 ans et 309 jours exactement, il remplace Dominique Rocheteau, victime d’une élongation. Un gamin parmi les grands, les spectateurs du Parc n’ont d’yeux que pour lui.

Laurent Paganelli fait ses premiers pas en Division 1 au Parc des Princes contre le PSG.
Laurent Paganelli fait ses premiers pas en Division 1 au Parc des Princes contre le PSG.

Dans un papier d’ambiance, Bernard Dolet, l’un des envoyés spéciaux du quotidien L’Equipe, décrit parfaitement l’ambiance qui entoure cette soirée.

QUAND LES COEURS BALANCENT DOLET
Laurent Paganelli détrône ainsi l’autre Laurent, Roussey, qui avait débuté le 25 février 78 en Division 1 à l’âge de 16 ans et 68 jours.
Parisiens et Stéphanois se quittent sur un score nul de 1-1, Bathenay (39e) répondant à Rocheteau (37e), le premier buteur des Verts à l’extérieur de la saison.

Paris Saint-Germain-Saint-Etienne : 1-1 (1-1).
Buts.- Paris-SG : Bathenay (39e) ; Saint-Etienne : Rocheteau (37e).

Paris-SG : Baratelli – Pilorget, Morin, Renaut, Lokoli – Bathenay, Adams, Larqué (Lemoult, 57e) – M’Pelé, C. Bianchi, F. Brisson. Entr.: Alonso.

Saint-Etienne : Curkovic – Janvion, Piazza, Lopez, Repellini – Larios (Modeste, 67e), Santini, Elie – Rocheteau (Paganelli, 46e), L. Roussey, Zimako. Entr.: Herbin.

 

 

Trente-cinq ans d’attente

Depuis leur première confrontation en championnat au Parc des Princes le 27 février 1972, les Verts ne se sont jamais imposés dans la capitale. Jusqu’à ce 25 février 2007 et la victoire 2-0 contre un PSG qui lutte pour ne pas descendre en Ligue 2.

Grâce à cette victoire historique des hommes d’Ivan Hasek, les Verts sont plus que jamais candidats aux places européennes. Ils attendaient ce moment depuis… 35 ans. Certes, ils avaient bien battu le PSG le 27 février 1972, mais le match se déroulait au stade Bauer à Saint-Ouen. Le Parc des Princes était alors en travaux. Depuis, les Verts avaient essuyé seize revers et glané huit nuls.

 

Ilan soulève le Parc

On joue la 32e minute. L’ASSE mène 1-0 grâce à une tête de Damien Perquis sur un centre de Sablé. Sur la première occasion de son équipe, le défenseur stéphanois, au point de penalty, devance Armand et trompe Landreau (1-0).

Mais le plus beau est à venir. Il reste une poignée de secondes quand Feindouno centre côté gauche au second poteau pour Gomis. Ce dernier remise de la tête sur Ilan. Dos au but, le Brésilien, aux six mètres, lève le ballon sur son contrôle orienté et, d’une magnifique reprise acrobatique croisée, trompe le portier parisien. Les Verts mènent 2-0 à la mi-temps. Il vient d’inscrire l’un des plus beaux buts de la saison.

Vidéo : le chef d’oeuvre d’Araujo Ilan :

http://youtu.be/clGFCMs58g4

 

 

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Toulouse-Saint-Etienne : un parfum de violette

Vendredi, en match avancé de la 24e journée de championnat, Toulouse accueille Saint-Etienne au Stadium. Cette rencontre est l’occasion de revenir sur le Challenge des Champions disputé le 7 juin 1957 ainsi qu’une défaite « salutaire » des Verts à Toulouse en 1963. Christian Lopez, joueur emblématique de l’épopée des Verts des années 70, a quitté Sainté pour le Téfécé en 1982. Récit d’un transfert. Bonne lecture.

 

A la bonne franquette

7 juin 1957. Challenge des Champions. Toulouse-Saint-Etienne : 1-2.
Depuis sa création en 1954-55, le Challenge des Champions oppose le champion de France au vainqueur de la Coupe de France. Les bénéfices de ce match sont reversés à la Caisse de sécurité et de secours des joueurs.

Saint-Etienne est dirigé par Manuel Fernandez, l’entraîneur des amateurs stéphanois, appelé à remplacer temporairement Jean Snella parti dans le Nord au chevet de sa mère, gravement malade. Fernandez doit composer sans Njo-Léa, retenu pour des épreuves universitaires et Lefèvre, blessé. Aussi, parmi les cinq militaires partis en Grèce, seuls Ferrier et Goujon sont rentrés indemnes. Pour Toulouse, ce match est l’occasion de présenter à son public la Coupe de France remportée face à Angers (6-3) au stade de Colombes.

L’ambiance est bon enfant et les 11 254 spectateurs découvrent deux nouveaux joueurs. Le premier est toulousain : il s’agit de Casanova, tout juste arrivé de Casablanca, qui remplace Di Loretto, parti en vacances en Argentine. Le second est Cristobal, un avant-centre en provenance d’Orléans mis à l’essai par les Verts.

A Toulouse, Richard Tylinski était dans un jour "sans".
A Toulouse, Richard Tylinski était dans un jour « sans ».

D’entrée, les deux équipes jouent l’attaque et s’octroient quelques libertés avec le marquage. Dès la 6e minute, les Stéphanois ouvrent la marque par Oleksiak mais Casanova signe ses débuts en égalisant dix neuf minutes plus tard. Avant la pause, Fouillen, de la tête, sur un centre de Goujon, redonne l’avantage aux Verts. Malgré une nette domination des locaux en deuxième mi-temps, le score n’évolue plus.

Saint-Etienne remporte le Challenge des Champions et peut préparer sereinement la Coupe latine. Les Toulousains, dès le lendemain, s’envolent pour une tournée en Turquie.

Buts.- Toulouse : Casanova (25e) ; Saint-Etienne : Oleksiak (6e), Fouillen (38e). Toulouse : Roussel – Boucher, Pleimelding, Nungesser – Bouchi, Cahuzac – Brahimi, Dereuddre, Casanova, Rytkonen, Bouchouk. Entr. : Bigot.
Saint-Etienne : Abbes – Cassado, R. Tylinski, Wicart – Domingo (Vernier), Ferrier – Rijvers, Goujon, Fouillen, Oleksiak, Cristobal. Entr. : Fernandez.

 

Christian Lopez : Ô Toulouse

« Qu’il est loin mon Forez, qu’il est loin,
Parfois au fond de moi se raniment
L’âme verte du Stade Geoffroy-Guichard
et la fumée de ses cheminées »

Si Claude Nougaro chantait Toulouse, Christian Lopez aurait pu entonner ce couplet quand il a quitté l’AS Saint-Etienne, son club formateur, pour le TFC.

Christian Lopez au milieu de ses coéquipiers sous les ordres de Robert Herbin.
Christian Lopez au milieu de ses coéquipiers sous les ordres de Robert Herbin.

En 1970, l’AS Saint-Etienne remporte la Coupe Gambardella. Dans ses rangs, elle compte une bande de jeunes talentueux recrutés par Pierre Garonnaire, parmi lesquels Merchadier, Patrick Revelli, Sarramagna, Synaeghel, Santini et… Christian Lopez. A l’âge de huit ans, en pleine guerre d’Algérie, il quitte son pays natal avec sa famille direction Cannes. Mais c’est à l’Entente Cannet-Rocheville qu’il débute dans le football. Le jeune homme ne laisse pas indifférents les recruteurs, notamment marseillais. C’est alors que Pierre Garonnaire, dénicheur de jeunes talents pour les Verts, flaire la bonne affaire et le fait venir dans le Forez en novembre 1969, avec l’accord de son père. Début juillet 1972, le club dirigé par le président Rocher fait signer à tous ces jeunes joueurs prometteurs un contrat « longue durée. »

Le 7 juillet 1972, L’Equipe révèle la signature de la « promotion stéphanoise »

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Avec l’ASSE comme avec l’équipe de France, il gravit tous les échelons qui le mènent à la gloire. Avec les Verts, il a tout connu ou presque jusqu’à ce printemps 1982 et la crise qui a secoué la maison verte. Il est très attaché au maillot vert qui a fait grandir l’homme et le footballeur et façonné son image.

Le 12 septembre 1981, Christian Lopez confie à ASSE-Actualités, le magazine officiel du club : « Mon contrat s’achèvera en juin 1983. J’aurai alors 30 ans et je l’espère, quelques bonnes années encore devant moi. Je souhaiterai évidemment à cette époque signer un nouveau  contrat de 3 ans avec l’ASSE. Si ça n’est pas possible, j’envisagerai de jouer ailleurs au plus haut niveau, mais je n’y pense pas car j’ai le plus vif désir de rester à Saint-Etienne non seulement parce qu’il s’agit  du meilleur club de France, que j’y suis profondément attaché mais aussi parce que j’y ai confectionné ma vie. »

Christian Lopez avec Jacques Santini lors d'une séance d'étirements à Geoffroy-Guichard.
Christian Lopez avec Jacques Santini lors d’une séance d’étirements à Geoffroy-Guichard.

Un an plus tard, le discours n’est plus le même. La belle idylle avec le club du président Rocher bat de l’aile. Ce dernier apprécie toujours celui qui a débarqué un jour de novembre 1969 en provenance de Rocheville. A bientôt trente ans, Lopez souhaite prolonger son contrat chez les Verts et pour cela, s’entretient avec son président. Embarrassé, ce dernier lui conseille d’aller voir Herbin pour en discuter. Si « Roby » n’est pas contre le fait que son défenseur accomplisse sa dernière année de contrat, sans doute comme titulaire, en revanche, il ne peut lui promettre pareil confort pour la suite s’il reste à l’ASSE. Sa défense centrale ne lui donne pas entière satisfaction et il envisage de la remodeler. Dans l’esprit de l’entraîneur stéphanois, Patrick Battiston sera amené à moyen terme à occuper son poste.

L'AS Saint-Etienne. De g. à d. :
L’AS Saint-Etienne 1980. De g. à d. : Gardon, Janvion, Battiston, Santini, Castaneda, Lopez. Accroupis : Rep, Larios, Paganelli, Roussey, Platini.

Lopez sur le marché des transferts

A un an du terme de son contrat, le libéro des Verts acquiesce et se dit que s’il veut encore jouer quelques années au plus haut niveau, il doit quitter Saint-Etienne. Le désarroi est grand. Plus proche de son président que de son entraîneur, est-il victime du différend qui oppose Rocher à Herbin dans la crise stéphanoise ? Toujours est-il que pour favoriser son futur transfert, le conseil d’administration du club, réuni le 24 mai au soir, lui fait cadeau de sa dernière année de contrat. Triste consolation.

Derniers matches en Vert

Moins d’un mois après les premiers remous au club, une rumeur fait état d’un intérêt de l’AS Monaco pour le Stéphanois . Très attaché à la Côte d’Azur, il ne lui déplairait pas de se rapprocher de son milieu familial. Le 8 mai 1982, Monaco remporte le titre de champion de France au nez et à la barbe des Stéphanois pourtant larges vainqueurs de Metz (9-2). Lopez qui vient de disputer les trente-huit rencontres de championnat fait ses adieux, ce soir-là, aux supporters du stade Geoffroy-Guichard. Le titre envolé, le défenseur stéphanois espère bien décrocher une quatrième victoire en Coupe de France le 15 mai contre Paris-SG, histoire de boucler la boucle. Mais là encore, elle lui échappe lors de la séance des tirs au but. Son penalty est détourné par Dominique Baratelli, son coéquipier en Bleu. Fin de l’histoire en Vert.

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Baratelli, le gardien parisien détourne le penalty de Lopez, la Coupe de France s’envole pour le Verts.

 L’heure est à la réflexion

Le 18 mai. Sa décision est prise : après treize ans de bons et loyaux services, il quitte les Verts. Lui qui souhaitait prolonger et négocier un dernier bon contrat avec les Verts ne verra pas son voeu exaucé. Il est en contact avec quelques clubs de Division 2 : Cannes, le Montpellier du président Nicollin qui lui propose une reconversion après sa carrière ou Nice. Néanmoins, les clubs de Monaco, Paris-SG et Metz, clubs de Division 1, sont les plus en rapport avec ce qu’il recherche. Les négociations sont bien avancées avec Monaco mais elles traînent en longueur. L’Espagne l’attire également d’autant qu’il possède la double-nationalité par son grand-père.

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Sélectionné avec l’équipe de France qui va disputer le Mondial en Espagne, il part trois semaines en stage en altitude à Font-Romeu. Il est donc libre comme l’air qu’il va humer dans les Pyrénées Orientales.

Le 19 mai. Toulouse vient d’accéder à la Division 1 et recherche des joueurs expérimentés. Parmi ceux susceptibles de rejoindre la ville rose, Philippe Mahut.

Vidéo INA : Christian Lopez prépare le Mondial avec les Bleus à Font-Romeu. Il évoque ses contacts en vue de son futur transfert (minute 4 : 40).

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Le 27 mai, les Tricolores sont en pleine préparation. Ils reçoivent la visite de Daniel Visentin, le président toulousain. Le but avoué de ce dernier est clair : concrétiser verbalement les pourparlers avec plusieurs joueurs parmi lesquels Gérard Soler, Philippe Mahut et… Christian Lopez. L’homme fort du TFC repart de son court séjour avec un seul accord : celui du Bordelais Soler. Concernant le Stéphanois, une petite divergence concerne la durée de son contrat. Lui souhaite un bail de quatre ans alors que Toulouse ne lui en propose que trois. Aussi, il émet une condition : jouer libero au côté du Hongrois Balint, un autre libero mais qui occupe le poste de stoppeur. Il s’accorde un temps de réflexion d’autant qu’un autre club, le Servette de Genève, verrait d’un bon oeil son arrivée sur les bords du lac Léman. Mais sa préférence va finalement au club toulousain.

Toulousain pour 4 ans

Le mercredi 2 juin, les Bleus sont au Stadium de Toulouse pour y disputer un match de préparation contre le Pays de Galles. Si les joueurs de Michel Hidalgo s’inclinent 1-0, en revanche, pour Christian Lopez, ce voyage dans la ville rose s’annonce décisif. Le lendemain matin, il est reçu par le président haut-garonnais. Les deux hommes s’entendent sur un contrat de quatre ans comme le relate le journal L’Equipe dans son édition du 4 juin :

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Une page se tourne pour le célèbre défenseur des Verts. Avec l’AS Saint-Etienne, « Jeannot » comme l’appellent encore les Stéphanois, surnom que lui avait donné Bernard Bosquier en 1969 qui lui trouvait une ressemblance avec Jean Baeza, le joueur de l’OM, possède un des plus beaux palmarès du football français. En treize ans à l’ASSE, il a remporté une Coupe Gambardella (1970), quatre titres de champion de France (1974, 1975, 1976 et 1981), trois Coupes de France (1974, 1975 et 1977) et disputé une finale de Coupe d’Europe (1976).

 

Une défaite salutaire

7 septembre 1963. Toulouse-Saint-Etienne : 4-0.
Toulouse est leader après la première journée de championnat ! Rien d’anormal. Saint-Etienne est onzième : rien d’étonnant après un match nul contre Valenciennes (1-1). Le promu stéphanois, à l’occasion de la deuxième journée, se déplace en Haute-Garonne. Blessé lors du premier match, Pierre Bernard, leur nouvelle recrue au poste de gardien, effectue ses grands débuts. Malgré cette rentrée, Jean Snella dénombre beaucoup de blessés, ce qui l’oblige à emmener deux joueurs amateurs : le défenseur Georges Polny et l’attaquant Jean Masson. Mais ces deux joueurs se sont rendus à Toulouse sans licence. Ils ont dû apposer leur signature sur la feuille de match pour pouvoir jouer. Toulouse ne fait d’ailleurs aucun problème à cet oubli malencontreux. Autre époque !

Robert Herbin, l'une des rares satisfactions stéphanoises de ce match.
Robert Herbin, l’une des rares satisfactions stéphanoises de ce match.

Côté toulousain, Baraffe joue avec le poignet gauche bandé suite à une chute lors d’une séance d’entraînement au Bataillon de Joinville. D’entrée, Toulouse imprime un rythme soutenu que les Stéphanois ont du mal à suivre. Groschulski (5e) malgré une position de hors-jeu, Dorsini (27e), Baraffe (38e) scellent le sort de ce match en première mi-temps. Richard Tylinski n’est pas dans un bon jour et l’absence de Ferrier se fait sentir au fil des minutes. Le quatrième but de Groschulski (78e) est anecdotique. Sans un Bernard en grande forme et un Herbin omniprésent, l’addition aurait été beaucoup plus lourde. A l’issue de cette rencontre, Toulouse s’empare seul de la première place et les Stéphanois ferment le classement avec un seul petit point.

Le train n’attendant pas, les hommes de Snella n’ont pas le temps de gamberger. Dès le coup de sifflet final, ils ont vingt-cinq minutes, pas une de plus, pour se doucher et regagner la gare de Montabiau. Escortée par une voiture de police-secours, la délégation stéphanoise repart à temps. Visiblement, cette défaite a été salutaire pour eux. Le retour des blessés et une meilleure organisation de la défense redonnent des couleurs au promu. Pour preuve, après le naufrage toulousain, ils alignent sept victoires et quatre nuls, soit onze matches sans connaître la défaite.

Buts.- Groschulski (5e),Dorsini (27e), Baraffe (38e), Groschulski (78e).
Toulouse : Roussel – Mouthon, Simon, Redin – Bocchi, Bruneton – Wojciak, Mahi, Groschulski, Baraffe, Dorsoni. Entr. : Deladerrière.
Saint-Etienne : Bernard – Cassado, Tylinski, Polny – Domingo, Herbin – Foix, Hartmann, Guy, Mekloufi, Masson. Entr. : Snella.

Tibeuf, le Vert brisé

Guingamp et Saint-Etienne se sont rencontrés seulement trois fois en championnat au stade du Roudourou à Guingamp et Saint-Etienne n’y a jamais gagné. Quelques joueurs ont porté le maillot des deux équipes. Parmi eux, Philippe Tibeuf, le Breton formé dans les Côtes-d’Armor,  s’est révélé au plus haut niveau avec l’AS Saint-Etienne. En toute modestie, il a accepté de revenir sur son parcours amateur et professionnel.

 

Thiboeuf ? Thibeuf ? Non, Tibeuf tout simplement. Philippe Tibeuf.
« A l’origine, il y a plusieurs écritures. Un jour, mon père en a eu marre et il d’abord supprimé le H puis le O. Sans rien demander à personne. Ecrivez bien T-i-b-e-u-f. » (rires)

 

De Saint-Jacut au Roudourou

Philippe, le gamin de Saint-Jacut, grandit dans cette commune des Côtes d’Armor. Il fait toutes ses classes de jeune footballeur à Plancoët avant de franchir une première étape qui le mène à Guingamp, pensionnaire de Division 2.
« J’ai signé à Guingamp en 1979. J’y ai connu deux entraîneurs : René Cédolin et Raymond Kéruzoré. Le premier aimait s’appuyer sur des joueurs confirmés alors que Kéru, lui, préférait composer avec les jeunes. Ca me convenait mieux. »
Il ne veut pas mettre toutes ses billes dans le même sac. En parallèle, il poursuit ses études de professeur de sport à Rennes. Les nombreux allers et retours lui pèsent d’autant qu’ils représentent un véritable coût. Pour les financer, tous les étés, il aide son frère qui tient un café.
« Ce travail saisonnier explique en partie mes débuts de saison mitigés. En juin, on acquiert le foncier qui va vous servir pour le restant du championnat. »
En décembre 1983, FranceFootball lui décerne le titre de meilleur joueur promotionnel de l’année.

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En 1983-84, avec son statut amateur, il réalise une saison pleine avec l’En Avant et prend pleinement conscience de ses capacités. Son culot et son opportunisme le rendent plus réaliste. Pour sa dernière saison à Guingamp, il inscrit 18 buts. Kéruzoré reconnaît en Tibeuf un peu de Josip Skoblar, le buteur marseillais des années 70. Le trait est sûrement un peu exagéré mais l’entraîneur breton sent qu’il a le potentiel pour effectuer une belle carrière.

 

1984 : L’appel du large

L’heure du départ a sonné. Laval le contacte, mais il rêve de jouer au Stade Rennais pour concilier études et football. Finalement, sur les conseils de son beau-frère, c’est à Monaco qu’il débarque.
« Mon beau-frère pensait que Monaco serait un bon club pour mon épanouissement. Un concours de circonstances a voulu que Monaco, dans le même temps, pensait à moi. M. Le Graët, le président de l’En Avant, souhaitait me garder. J’en ai parlé avec Kéruzoré. Il m’a dit que si j’avais une bonne opportunité, il fallait la saisir. Il comprenait mon envie de tenter l’aventure au niveau supérieur. » Loin de sa Bretagne natale.

En 1984, le club de la Principauté termine le championnat à la deuxième place derrière Bordeaux synonyme de qualification pour une Coupe d’Europe. Tibeuf change de planète. Ce n’est pas pour autant que les étoiles vont briller pour lui. Il signe un contrat de cinq ans.
Soumis à la concurrence, Stefan Kovacs, l’entraîneur monégasque, ne lui accorde que rarement sa confiance. Le 17 août 1984, il dispute son premier match en Division 1 avec l’ASM à Bastia (0-1).
« A Monaco, les joueurs qui composaient l’équipe étaient pour la plupart champions d’Europe 1984 avec l’équipe de France. Ils avaient déjà un beau palmarès et une forte personnalité comme Bravo, Bellone, Amoros, Ettori ou Genghini. Ma première saison est correcte. Je peux dire que j’ai réussi à m’imposer. Les deux suivantes, j’ai subi des blessures à répétition. Pas évident pour progresser. »
Après deux saisons, le Breton envisage de quitter la Principauté. Saint-Etienne se positionne, prêt à l’accueillir. Mais l’arrivée de Stefan Kovacs change la donne et le Roumain le convainc de rester une saison supplémentaire.
En trois saisons sous les couleurs rouge et blanc, il inscrit seulement sept buts pour 55 matches. Il dispute deux matches de Coupe d’Europe et remporte une Coupe de France en 1985. Trop peu pour ce joueur avide de temps de jeu et de buts. Il regrette d’avoir arrêté ses études pour le football professionnel.

Vidéo de la finale entre Monaco et le Paris-SG disputée au Parc des Princes le 8 juin 1985. L’ASM l’emporte 1-0. Tibeuf est titulaire. Il marque un but mais il est refusé par l’arbitre qui siffle le coup de sifflet final.

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A l’automne 1986, son nom est cité du côté de la Beaujoire pour remplacer un certain…. Patrice Garande, victime d’une fracture du péroné de la jambe droite lors d’un match à Monaco. Deux anciens Stéphanois sont également pressentis : Laurent Roussey qui se morfond à Toulon et Bernard Genghini, exilé au Servette de Genève. Finalement il termine la saison sur le Rocher.

 

1987-88 : Chez les Verts, Rocheteau est pressenti, c’est Tibeuf qui arrive

En 1987, les Verts renouent avec leur passé tout se projetant vers l’avenir. Robert Herbin, après plus de quatre ans d’exil, revient dans la maison verte. Le Sphinx s’attèle a reconstituer une attaque qu’il espère plus prolifique que celle qui vient de terminer le dernier championnat.
Pierre Garonnaire a une idée en tête : faire revenir Dominique Rocheteau, alors au Paris Saint-Germain, à Saint-Etienne. Mais l »Ange Vert » décline la proposition et opte pour Toulouse. Le staff stéphanois doit donc changer son fusil d’épaule. Le 4 juin, les supporters découvrent Philippe Tibeuf. Le Breton signe pour quatre ans à Saint-Etienne. L’aventure stéphanoise ne lui fait pas peur. Il est prêt à relever le défi. Pour cela, il sera aidé par un ex-pensionnaire du centre de formation, Patrice Garande qui revient à ses premières amours. Les deux hommes également peuvent compter sur une autre recrue de choix pour les épauler, le Marocain Mustapha El-Haddaoui. Avec Sivebaek en défense, Garonnaire a réussi pour moins de 6 millions de francs une belle campagne de recrutement.

Tibeuf et Garande à l'entraînement.
Philippe Tibeuf et Patrice Garande lors d’un entraînement à Saint-Etienne.

« Saint-Etienne correspondait au club idéal pour moi. Il n’y avait pas la même pression qu’à Monaco. L’objectif n’était pas le titre. Et puis les recrues avaient soif de revanche, que ce soit Patrice (Garande) ou moi-même. On avait envie de prouver notre vraie valeur. »
Les débuts de Tibeuf sont difficiles dans le Forez. Plusieurs blessures retardent son intégration et son entente avec Garande tarde à se confirmer. Mais débarrassé de ses pépins physiques, les deux compères rattrapent le temps perdu. Comme s’ils avaient toujours joué ensemble. « Patrice fixait les défenseurs et moi je prenais les espaces. Quelle complémentarité« , s’exclame Tibeuf.
A eux deux, ils inscrivent 29 buts pour leur première saison en Vert. Garonnaire et Herbin peuvent se réjouir de leur pari gagnant.
Saint-Etienne finit à une 4e place, pas encore qualificative pour une Coupe d’Europe. Qu’importe.

PRESENTATION ST ETIENNE

 

1988-89 : Une saison en demi-teinte.

La saison suivante, le Breton ne connaît pas la même réussite. El Haddaoui, le métronome stéphanois, est transféré à Nice. Personne ne comprend ce choix. Fournier, Geiger, et Chaouch rejoignent le Forez. Une entorse du genou l’éloigne des terrains pendant plus d’un mois. La malédiction des débuts de saison continue. Son retour contre Toulon le 1er octobre sonne comme une véritable résurrection. Les Verts sont derniers du championnat après cinq nuls et huit défaites. Ils s’imposent 2-1. Tibeuf inscrit le premier but, Garande le second.
Avec ce retour, les Stéphanois effectuent une spectaculaire remontée. En mars 1989, Tibeuf inscrit même un triplé contre Caen. Alors que tout semble tourner dans le bon sens, la malchance refait surface. Pressenti en équipe de France A’, il se blesse aux adducteurs sous les yeux de Roger Lemerre, venu le superviser. Il inscrit quand même 11 buts pour 28 matches disputés.

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La joie du buteur.

1989-90 : Première sélection en Bleu

La saison 1989-90 démarre en trombe pour lui. Associé à Etienne Mendy, il marque but sur but et sa hargne, sa vélocité et son efficacité ne laissent pas insensible Michel Platini, le sélectionneur de Bleus.
Le 28 mars 1990, le natif de Saint-Jacut connaît sa première cape à l’occasion du dernier match international de la saison contre la Hongrie à Budapest. Pour cette rencontre amicale, Platini rappelle Luis Fernandez, deux ans après sa dernière convocation en Bleu et fait appel à deux petits nouveaux : Fabrice Divert (Caen) et Philippe Tibeuf pour compenser l’absence de Papin et Vahirua en attaque. Le Stéphanois est associé au Montpelliérain Eric Cantona. S’il ne marque pas, il frappe la transversale. Titulaire, il est remplacé par Divert à la 63e minute. La France s’impose en Hongrie 3 buts à 1.
La saison est ponctuée par une demi-finale de Coupe de France face à Montpellier. Nouvelle désillusion à domicile. Les Verts s’inclinent 1-0. Ils ne verront pas le Parc des Princes.

Philippe Tibeuf en Bleu.
Première sélection en Bleu pour Philippe Tibeuf en Hongrie et première victoire (3-1).

1990-91 : Maudit dimanche

Christian Sarramagna remplace Herbin à la tête de l’équipe professionnelle. Moravcik signe chez les Verts. Cette saison sera-t-elle la bonne pour Tibeuf ? Tout semble à croire. Il enchaîne les bons matches et marque régulièrement. Cela n’échappe pas à Michel Platini.
Le 17 novembre, il le sélectionne à nouveau pour disputer un match éliminatoire pour l’Euro 92 contre l’Albanie à Tirana. Il compte bien profiter des absences de Cantona et Papin pour s’imposer en équipe de France. L’Euro en Suède se profile. C’est une occasion pour lui de saisir sa chance. Il ne marque pas mais sa prestation est honorable. Il est remplacé par Ginola à 66e minute. La France s’impose en Albanie 1-0.

Albanie-France : 0-1 (éliminatoires pour l'Euro 92). Deuxième et dernière sélection pour Philippe Tibeuf.
Albanie-France : 0-1 (éliminatoires pour l’Euro 92). Deuxième et dernière sélection pour Philippe Tibeuf.

Avec Saint-Etienne, il vit une nouvelle saison « galère ». Les Verts se morfondent dans les profondeurs du classement. Le club connaît des moments de turbulence. Sarramagna est-il toujours l’homme de la situation? Tibeuf y croit toujours, certain qu’un jour, Saint-Etienne retrouvera son lustre d’antan. En fin de contrat au terme de la saison, on évoque un départ.
« J’étais en fin de contrat. L’ASSE souhaitait me garder. Mon sentiment sur le sujet était plus mitigé. J’adorais ce club mais le problème c’est que l’on galérait beaucoup. Je pense que les choix dans le recrutement n’ont pas toujours été très judicieux. Hormis El Haddaoui la première année et Lubo Moravcik en 1990. Après avoir goûté à l’équipe de France, j’avais envie de disputer des rencontres de haut niveau plus souvent. »

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Tibeuf tente de déborder Amoros lors d’un Saint-Etienne-Marseille.

Dimanche 24 février. Cet après-midi d’hiver, les Verts reçoivent Nantes. Dans un choc violent avec Marraud, le gardien nantais, son genou gauche est touché. Rupture des ligaments croisés. Saint-Etienne perd son capitaine. Tibeuf ses derniers espoirs de côtoyer les sommets. Il rêvait de disputer l’Euro en Suède avec les Papin, Cantona et Ginola. Sa carrière s’achève donc un dimanche après-midi sur une action anodine mais terrible de conséquences.

Avec l’AS Saint-Etienne, Philippe Tibeuf a disputé 128 matches et inscrit 39 buts.

 

La reconstruction physique et morale

Une autre vie commence. Il a toujours considéré que le foot n’était qu’une parenthèse dans sa vie. Cette philosophie l’aide d’autant mieux pour tourner la page.
« Les deux ans qui ont suivi ma blessure, j’ai rééduqué ma jambe. C’était très dur moralement. Il a fallu se reconstruire. J’ai beaucoup joué au golf. Je résidais toujours dans la région stéphanoise mais il m’était impossible d’aller voir un match à Geoffroy-Guichard. Regarder mes potes jouer m’était insupportable. La blessure était encore trop vivace dans mon esprit. »
Finalement, il ne franchira les grilles de Geoffroy-Guichard que le 7 mai 1994 à l’occasion de Saint-Etienne-Paris-SG. Soit plus de trois ans après ce maudit dimanche.

 

Il y a une vie après le foot

De 1994 à 1998, il réside dans la Loire. La proximité avec la montagne et le Sud de la France qu’il affectionne l’attire toujours, ne l’incite pas à déménager.
« J’ai travaillé comme représentant pour diverses marques d’articles de sport. Ensuite, j’ai créé une société de marchands de biens dans l’immobilier. En 2002, j’ai racheté une usine à Izeure dans l’Allier pour la transformer en zone commerciale. »

 

Après quelques années passées dans l’Hérault, le Breton est de retour à Saint-Etienne. Mais pas question pour lui de replonger dans le monde sportif.
Des regrets ? « Oui bien sûr que j’ai des regrets. Surtout par rapport à ma fin de carrière. J’aurais préféré une autre sortie. En revanche, je ne regrette pas d’avoir rejoint Saint-Etienne en 1987. L’environnement, le public, c’est fabuleux ! »

 

Les Verts ne se sont jamais imposés à Guingamp.  Lors des trois confrontations en championnat en terre bretonne, ils ont connu par deux fois la défaite et obtenu un match nul en 2000. A quand une première victoire ?

 

Les Verts coulent au Roudourou

Les Verts ont besoin de points. Entre Guingamp qui reste sur trois défaites en championnat et une élimination en Coupe de France et Saint-Etienne qui fleurte dangereusement avec la zone des relégables, le match tourne en faveur des Bretons. Le manque de rigueur flagrant des hommes d’Elie Baup ne laisse pas entrevoir le moindre coin de ciel bleu.

20 janvier 1996. Guingamp-Saint-Etienne : 3-0.
Guingamp : A. Hugues – Foulon, H. Fournier, Mihali, Candela – C. Michel, Baret, Coridon (R. Lecomte, 76e) – Carnot, Dallet (Ray, 87e), Gravelaine. Entr. : Smerecki.
Saint-Etienne : Coupet – Vasseur, P. Moreau, Mannucci, S. Santini, Bastou (Aulanier, 73e) – Séchet, Delpech (Soucasse, 84e), Moravcik – Thimothée, Sandjak. Entr. : Baup.
Buts.- Coridon (21e), Gravelaine (61e, s.p.), Mihali (90e).

Stéphane Carnot échappe à Stéphane Santini.
Stéphane Carnot échappe à Stéphane Santini.

Les Verts tombent pour la première fois

Les deux équipes évoluent en Division 2. L’En Avant Guingamp réalise l’exploit de cette journée. Les Verts, invaincus (11 victoires et 9 nuls) jusqu’à ce 5 décembre en championnat, tombent au Roudourou sur un tir canon au premier poteau de Fiorèse. Les hommes de Smerecki échouent plusieurs fois sur un très bon Jérôme Alonzo. Les Verts repartent de Bretagne avec une courte défaite. Un simple accident dans leur parcours de champion.

5 décembre 1998. Guingamp-Saint-Etienne : 1-0.
Guingamp : Thomas – Bourdeau, Jozwiak, Patouillard, Anselmini – Michel (cap.), Baret, Deplace – Tamazout (Tasfaout, 67e), Fiorèse (Hervé, 90e), Celdran. Entr. : Smerecki.
Saint-Etienne : Alonzo – Billong, Fichaux, Potillon, Guillou – Sablé (Obinna, 46e), Boudarène, Ferhaoui, Robert (Sarr, 46e) – Fayolle, Revelles. Entr. : Nouzaret.
But.- Fiorèse (24e).

L’En Avant y a cru…

Pour son retour en Division 1 après deux ans d’absence, l’En Avant Guingamp débute par un match nul encourageant. Longtemps menés au score, les Verts égalisent en toute fin de partie grâce à un but marqué contre son camp par Jozwiak (86e). Le partage des points est logique.

29 juillet 2000. – Guingamp-Saint-Etienne : 2-2
Guingamp : Loussouarn – Ferrier, Jozwiak, Fournier, Joseph-Augustin (Bourdeau, 78e) – C. Michel, Baret, Tasfaout, Van Ankeren – Fiorèse (Deplace, 46e), B. Rodriguez (Guyot, 70e). Entr. : G. Lacombe.
Saint-Etienne : Levytsky – Olesen (C. Sanchez, 73e), Wallemme, Mettomo, Kvarme – Sablé, Sarr, Guel (Fellahi, 68e), Pédron – Aloisio, Panov (Boudarène, 87e). Entr. : Nouzaret.
Buts.- Guingamp : Fournier (12e), Tasfaout (39e) ; Saint-Etienne : Aloisio (8e), Jozwiak (86e, c.s.c.).

Cannes-Saint-Etienne : la Palme aux Verts

En Coupe de France, Saint-Etienne et Cannes se sont rencontrés une seule fois. En revanche, au début des années 60, les deux clubs se sont affrontés dans une autre Coupe : la Coupe Drago du nom de Charles Drago, son inventeur.
Dans les années 50, les clubs éliminés de la Coupe de France se sont consolés en disputant des matches amicaux les jours de Coupe. Mais la désaffection du public devant le spectacle proposé par ces matches « d’entraînement » a fait interroger les instances du football français. Moins prestigieuse que la Coupe de France, la Coupe Drago a permis aux clubs éliminés avant les quarts de finale d’être reversés dans cette compétition et, par conséquent, disputer des matches à enjeu et donner un peu de piment à ces confrontations. Dans ce cadre, la Ligue nationale de football crée la Coupe Drago en 1952-53.
Les Verts ont remporté ce trophée en 1955 et 1958. Au cours de l’existence de cette Coupe, ils ont affronté par deux fois l’AS Cannes.

La Coupe Charles Drago
La coupe Drago exposée dans la salle des trophées du Musée des Verts.

Le festival des Verts

Coupe Drago (2e tour).

10 mars 1963. Cannes (D2) – Saint-Etienne (D2) : 0-4.
Pour cette première confrontation entre ces deux pensionnaires de Division 2, les Verts n’ont pas fait dans la demi-mesure. Une mi-temps a suffi aux hommes de Wicart pour éliminer de cette Coupe Drago des Cannois fébriles défensivement. Robert Herbin, comme à chaque fois qu’il revenait sur la Côte d’Azur, a montré l’étendue de ses qualités.
Buts.- Baulu (2e), Ferrier (22e), Guy (39e), Bordas (40e).

Cannes : Simeoni – Millet, Baeza, Lamberti – Chembri, Laugier – Faynot, Bertrand, Muro, Robert, Moresco. Entr.: Muro.
Saint-Etienne : Philippe – Courbon, Tylinski, Polny – Domingo, Bordas – Faivre, Herbin, Guy, Ferrier, Baulu. Entr. : Wicart.
L’AS Saint-Etienne est éliminée par Sochaux (4-1) en quarts de finale.

debout: tylinski (richard) cassado (juan) domingo (rene) donoyan (rene) sbaiz (nello) polny (georges) accroupis: foix (jacques) guy (andre) mekhloufi (rachid) epalle (gerard) oleksiak (jean)
L’ASSE, saison 1962-63.
Debout (de g. à d.) : R. Tylinski, Cassado, Domingo, Donoyan, Sbaiz, Polny.
Accroupis: Foix, Guy, Mekloufi, Epalle, J. Oleksiak.

 

Epalle et Balboa, les sauveurs stéphanois

Coupe Drago (2e tour).

1er mars 1964. Cannes (D2)-Saint-Etienne (D1) : 0-2.
Un an après sa large victoire en terre sudiste, les Stéphanois reviennent à Cannes. Snella a remplacé Wicart à la tête de l’équipe. Comme la saison précédente, les deux formations se rencontrent au 2e tour de cette Coupe Drago. Mais contrairement à 1963, la rencontre est de qualité inférieure. Les Stéphanois sont privés de Mekloufi, Herbin et Bernard. A l’image de l’édition précédente, les Stéphanois assurent leur qualification pour le 3e tour en première mi-temps grâce à Epalle (28e) suite à une mésentente entre Simeoni, le portier cannois et l’un de ses défenseurs. Avant le repos, sur un excellent travail de Salen, Balboa assure le succès des Verts (42e).
Buts.- Epalle (28e), Balboa (42e).
Cannes : Simeoni – Baeza, Mori, Moscadelli – Amand, Mistre, Bellone, Muro, Sporn Laugier, Yansanne. Entr.: Muro.
Saint-Etienne : Philippe – Courbon, Tylinski, Mercatti – Jacquet, Masson – Balboa, Hartmann, Epalle, Salen, Baulu. Entr. : Snella.

L’AS Saint-Etienne est éliminée à Forbach (1-0) au 3e tour.

Manuel Balboa, auteur du deuxième but.
Manuel Balboa, auteur du deuxième but.

Mistral gagnant pour les Verts

Coupe de France (seizièmes de finale).

18 février 1973. Saint-Etienne (D1)-Cannes (D2) : 1-0 à Marseille.
Ce Saint-Etienne-Cannes, le premier entre les deux clubs en Coupe de France, se déroule sur terrain neutre au stade Vélodrome à Marseille. Moins de 5 000 spectateurs (4 166) bravent les intempéries (mistral glacial) pour ce seizième de finale. Ces conditions climatiques ne sont pas idéales pour disputer un match de football.

Caméra d’or : Pierre Garonnaire

Pierre Garonnaire, présent dans les tribunes, a une mission particulière : il est chargé de superviser les vues filmées du match à la demande de Robert Herbin.
Face à des Cannois recroquevillés en défense, les Verts maladroits en attaque, sont incapables de provoquer le moindre danger. L’absence de Patrick Revelli, blessé au tendon d’Achille, se fait cruellement sentir. Après une mi-temps insipide et une un début de deuxième aussi terne, les Cannois ont failli créer la surprise. Après avoir éliminé Strasbourg, club de Division1, au tour précédent, ils étaient tout près de rééditer leur exploit. L’ailier Broggini catapulte le ballon sur la barre de Curkovic. Ils viennent de laisser passer leur chance.

Prix de la mise en scène : Georges Bereta

Comme souvent, quand l’attaque des Verts ne tourne pas rond, Georges Bereta est au four et au moulin. Le petit stratège forézien est omniprésent. Ses reprises de volée font passer de mauvais moments au portier cannois. A la 88e minute, sur un bon service de Larqué, il exécute d’un maître-tir du pied gauche Griffoni.

L’aventure cannoise s’achève au Stade Vélodrome. Celle des Stéphanois prendra fin en quarts de finale contre le FC Nantes.

Georges Bereta qualifie les Verts en toute fin de match.
Georges Bereta qualifie les Verts en toute fin de match.

But.- Bereta (88e).
Saint-Etienne : Curkovic – Broissart, Merchadier, Piazza, Farison – Larqué, Jacquet – Parizon, Santini, Synaeghel, Bereta. Entr.: Herbin.
Cannes: Griffoni – Sporn, Pietri, Muzzi, Van Zeveren – Ahache, Girod – Broggini, Dundov, Khaldi, Tiberi. Entr.: Lerda.